mercredi 16 mai 2018

Travel book Route 66 - Thomas Ott


Première image, le haut d’un visage qui se reflète. Pour le regard, on verra plus tard. Pas de coup d’œil dans le rétroviseur, on part, on trace la route et pas n’importe laquelle, la Route 66. 

Thomas Ott est au volant. « 2451 miles / 3945 km de Chicago à Santa Monica L.A. » Un conducteur-illustrateur pas comme les autres pour un périple en noir et blanc qui donne un résultat vraiment pas banal.

Oubliez le carnet de voyage habituel avec tentatives d’esquisses, aplats rapides de couleurs, timbres ou images collés de-ci de-là. Ott enduit des cartes d’encre de Chine noir. De cette noirceur de jais, surgissent la lumière et la vie grâce à ses coups successifs de cutter. 

« C’est la technique qui épouse au mieux mon imaginaire assez sombre… Le dessin m’a permis de mener une vie claire avec des idées noires. » 

L’absence totale de texte pourra surprendre mais les images parlent d’elles-mêmes. La structure d’un pont, une enfilade de poteaux électriques le long d’une route, un café sur un coin de table dans un « Diner », beaucoup de panneaux et d’enseignes, lumineuses ou non, des motels, une masure abandonnée, un lopin de terre aride, une vieille Cadillac…

La Route 66 vue par Thomas Ott

Ce magnifique ouvrage est issu d’une très belle collection initiée par les Éditions Louis Vuitton. Dans un format à l’italienne qui se prête bien au carnet de voyage, des artistes proposent leur vision d’une ville, d’un pays, d’un lieu. Le catalogue joint donne un aperçu de quelques-uns. Personnellement, je me laisserai volontiers tenter par Venise de Taniguchi, Édimbourg de Floc’h, Prague de Pavel Pepperstein ou Rome de Miles Hyman.

Bons voyages à tous !

https://fr.louisvuitton.com/




ISBN 978 2 36983 140 2
152 pages
2018
45,00€

dimanche 29 avril 2018

Le Vase rose - Éric Oliva


"Tu fermes ta gueule et tu sors d'ici tranquillement. Par contre, si je découvre que je me suis trompé et que tu es pour quelque chose dans la mort de mon fils, je te poursuivrai jusqu'au bout du monde pour te crever. Je t'en donne ma parole."

Qu’y a-t-il de pire au monde que la perte d’un enfant ? Pas grand-chose je crois… Existe-t-il pire situation que voir son enfant mourir dans ses bras après lui avoir fait prendre son médicament habituel ? Sans doute pas…

C’est cette abomination que va vivre Frédéric Caussois. Après la mort atroce de son petit Tao, rien ne sera plus jamais comme avant. Au-delà de la douleur insurmontable, Il est comme pris dans une spirale infernale, c’est toute sa vie qui s’écroule. Une seule chose lui permet encore d’avancer : son obsession à découvrir la vérité…

Avec Le Vase rose, Éric Oliva réussi un excellent thriller qui se lit quasiment d’une traite. Il nous prend dans les filets de son histoire pour ne plus nous lâcher. L’empathie fonctionne à plein régime. Comme lui, on veut connaître la vérité, savoir ce qui s’est réellement passé et que le coupable soit puni…

Petit plus, après une histoire totalement haletante, un twist final aussi inattendu que bienvenu !



 Sortie nationale le 03 mai 2018
Commande possible en cliquant ICI !
ISBN 978 2 37258 042 7
232 pages
2018
9,99€
(Livre reçu en service de presse)

dimanche 22 avril 2018

Hitch et moi - Evan Hunter dit Ed McBain


"- Messieurs, commença-t-il, voilà comment nous annoncerons la sortie du film. Vous êtes prêts ?
Il y eut un moment de silence et de suspense - le maître allait parler. Hitchcock leva les bras en l'air et, écartant les mains, s'écria : "Les Oiseaux va sortir !"
C'était un coup de génie : un slogan apparemment bancal sur le plan grammatical, qui alliait humour et suspense."


Il est de notoriété publique qu’Hitchcock pouvait se montrer très empressant avec ses actrices. Son comportement virant parfois carrément à l’obsession. Demandez à Tippi Hedren ! 

Ed McBain, qui n’est encore à l’époque qu’Evan Hunter et pas l’auteur de polars reconnu qu’il deviendra plus tard, va travailler avec lui en tant que scénariste et nous narre ici son expérience édifiante.

Si sa collaboration au scénario des Oiseaux, librement inspiré de la nouvelle de Daphné du Maurier  ira à son terme, il n’en sera pas de même avec Pas de printemps pour Marnie. 

Hunter considère que la scène du viol de Marnie (Tippi Hedren) par son futur mari Mark Rutland (Sean Connery) n’est pas adaptée. Il fait part de son désaccord au maître, lui proposant même une seconde version. Las, cette scène est LA raison pour laquelle Hitchcock a voulu tourner ce film ! Le scénariste apprend alors, par un tiers bien entendu, qu’il ne fait plus partie de l’aventure…

Un récit qui, s’il ne rend pas le maître éminemment sympathique, a le mérite d’apporter un éclairage concret et riche d’enseignement sur la personnalité, trouble, d’un créateur de génie. Une plongée fascinante dans les arcanes de la création du maître du suspense et de son esprit pour le moins…tourmenté !

  Ramsay 
ISBN 284 114 817 3
237 pages
2006
16,90€
 
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