mardi 29 septembre 2015

Zen - Maxence Fermine




« La calligraphie japonaise ressemble à un souffle. Le souffle du dragon. Elle consiste à peindre l'instant avec une force inouïe et une délicatesse extrême. » 

Dans une modeste pagode au cœur d’une forêt d’érables, Maître Kuro consacre son existence à « l’art subtil de la calligraphie ». Un jour, Yuna, jeune calligraphe de talent, sollicite l’aide du Maître afin de parfaire son art. Privilège pour elle d’être reçu par le Maitre. Défi pour lui de lui ouvrir la voie du zen dans l’art de l’écriture.

Des regards qui se croisent, une complicité qui s’installe, deux personnages animés par une même passion mais pourtant séparés par une promesse… 

« Calligraphie.
Écriture de la beauté. »
 

Pour la seconde fois, je me suis laissé envoûter par la plume délicate de Maxence Fermine. Je n’ai rien lu de lui depuis Neige, trop peur d’être déçu tant j’avais aimé ce livre.

Contre toute attente, j’ai adoré Zen que j’ai lu et relu, déjà plusieurs fois, chaque fois avec le même plaisir.

Un style épuré, des phrases brèves, parfois proches du haïku. L’impression de lire de la poésie en prose. Une écriture qu’on a plaisir à lire et qu’on prend plaisir à partager, à murmurer, à susurrer. Une écriture comme dans un souffle…

Posez-vous un moment et ouvrez ce livre, Maxence Fermine vous ouvre les voies du Zen


Hibiscus Schizopetalus...

Un grand merci à Florian Lafani 
et aux Éditions Michel Lafon pour cette découverte en exclusivité !



A lire aussi, le très beau billet de Carnet de lecture
et celui de Walkyrie

 Michel Lafon
ISBN 978 2 7499 2697 1
135 pages
2015
14,95€
 

mercredi 23 septembre 2015

DVD - Lazarus Effect - David Gelb (2015)



Tout commence par une expérimentation sur un porc, afin de lui redonner vie. L’expérimentation est un échec. Générique.

Les travaux se poursuivent mais sur un chien cette fois. Et le miracle se produit. Grâce à un sérum nommé « Lazarus », le chien revient d’entre les morts.

Redonner la vie par de-là la mort. Le fantasme de cette équipe de chercheurs universitaires, mené par le couple Zoé et Franck, devient enfin réalité.

Mais on ne joue pas impunément avec la vie et il se pourrait bien que tout ne se passe pas comme prévu. Le chien semble avoir de drôles de réactions et peut-être même des accès de violence…

Au cours d’une nouvelle expérience, Zoé meurt électrocutée. Pour Franck, la tentation est trop grande, tout va basculer…


Lazarus effect, c’est un peu comme une nouvelle version de Frankenstein qui se déroulerait de nos jours.

Un des personnages fait même un clin d’œil au film. « It’s alive ! » Mais on insiste ici sur l’aspect authentique, scientifique. Point de moulins à vent ou de boulons dans le crane ! On joue à fond sur l’aspect scientifique. Pourtant le principe de l’impulsion électrique reste le même. Mais signe des temps, on se passera de l’orage et des éclairs qui zèbrent le ciel. Pas de méchants villageois mais de méchants universitaires qui ne peuvent cautionner de tels travaux. Et puis, il y a cet étrange sérum « Lazarus »…


Si le film n’est pas révolutionnaire, j’ai sursauté deux fois, ce qui est plutôt bon signe, et on ne s’ennuie pas une seconde. Olivia Wilde est impeccable dans le rôle de Zoé. En plus, en tant que « Numéro 13 », elle a survécu au terrible Dr House alors vous pensez bien que ce n’est pas la grande faucheuse qui va lui faire peur !

Dans le rôle d’Eva, secondaire au départ, l’irlandaise Sarah Bolger tire vraiment son épingle du jeu. Elle est tout bonnement lumineuse  et illumine ce film pourtant très sombre de sa présence.

Envie d’une petite séance de cinéma d’horreur ? Alors à votre tour, laissez-vous contaminer par L’effet Lazarus !



Bonus :
Bandes annonces de La Dame en noir 2, It Follows, Jessabelle, les Âmes silencieuses, Horns et 
Vol 7500
Scènes coupées (pas de grandes surprises comme souvent !)
Créer la peur  (le réalisateur, le scénariste, le producteur et les acteurs parlent du film, des différentes sources d'inspiration et influences...)
Jouer à Dieu (où comment tenter de donner du crédit à son scénar...) 
 
Sorti en DVD le 15 juillet 2015 chez  Metropolitan Films.

 

 
 


 
Davis Gelb
Etats-Unis, 2015
 Avec Olivia Wilde, Mark Duplass, Sarah Bolger...

samedi 19 septembre 2015

Délivrance - James Dickey



Traduit de l'américain par Jacques Mailhos


Quatre hommes blasés par une vie citadine sans surprise décident de partir pour un périple de quelques jours en canoë. La rivière qu’ils vont descendre va bientôt disparaitre à tout jamais, recouverte par un lac artificiel. Quand l’homme décide de dompter la nature…

La rivière n’a pas dit son dernier mot. La descente se fait abrupte, les rochers nombreux, les chutes et les torrents violents. Entre les hommes, plus ou moins bien préparés, et la rivière, indomptable et bien décidée à le rester, l’affrontement est inévitable. Quand l’homme se confronte à la nature…

Contre toute attente, ce n’est ni de la rivière ni de la nature sauvage qui l’environne que la menace la plus terrible va venir mais de deux hommes du cru bien décidés à empêcher ces intrus à aller plus loin. L’homme dans toute son abjection. Ceux qui ont vu le film de John Booreman savent de quoi je parle. Quand l’homme est confronté à l’homme…

Ce qui m’a sans doute le plus marqué dans cette histoire, c’est dans le dernier tiers du livre, cette sensation de me trouver dans un huis clos en pleine nature, dans la forêt en l’occurrence. Une nature omniprésente, étouffante, oppressante. C’est bien le mot qui convient, je me suis par moment senti totalement oppressé par ce récit. Un homme seul, la peur, l’instinct de survie, survivre coûte que coûte, quel qu’en soit le prix ! Quand la proie se fait chasseur… 

Délivrance de John Dickey, une lecture aussi marquante qu’oppressante….





" - Pourquoi ça ne se passerait pas bien ?
- Ça se passera bien, mais on ne peut jamais savoir. Ecoute, si je pensais qu'il y avait le moindre danger, je n'irais pas. Crois-moi, je n'irais pas. C'est juste l'occasion de s'aérer un peu. Et il paraît que les montagnes sont vraiment splendides en cette saison."

"La chute faisait facilement deux mètres de haut et le seul endroit par où un canoë pouvait se faufiler était un entonnoir dans lequel la rivière entière venait se comprimer puis duquel elle jaillissait comme un geyser, propulsée contre les rochers, cognant, fumant, tel un monstre phénoménal enchainé à un roc."

 

  Un grand merci une fois de plus aux excellentes Éditions Gallmeister


ISBN 978 2 35178 552 2
1970/2013
11,00€ 
 

vendredi 4 septembre 2015

La Renarde - Hugues Douriaux




Nicole, la quarantaine bien avancée, peine à se remettre de la disparition de son mari. Pour tenter de continuer à avancer, elle décide de quitter le tumulte de la vie parisienne et de s’installer dans leur maison en pleine campagne.

Située en bordure d’un hameau isolé entouré de champs et d’une forêt particulièrement dense, l’endroit est propice aux longues balades. C’est justement au cours d’une de ses promenades quotidienne que Nicole va se perdre et faire une surprenante rencontre avec une superbe renarde au pelage flamboyant.

Une première rencontre qui va en entrainer une autre, ramener Nicole dans le monde des vivants et peut-être même lui redonner goût à la vie…

Après une vraie panne de lecture cet été, plus l’envie, c’est par ce petit livre qui trainait dans mon sous-sol que je suis revenu à la lecture avec plaisir. Une histoire toute simple, presque banale et qui m’a accrochée alors que je devais envoyer ce livre que je n’avais jamais eu la moindre intention de lire !

Le style d’Hugues Douriaux est fluide, agréable et prenant. Le retour aux sources après un deuil, la rencontre qui donne un nouveau sens à la vie, rien de vraiment nouveau comme je vous le disais et pourtant, j’ai beaucoup aimé.

Avec ses personnages justes et débordants d’authenticité, La Renarde est un roman positif qui fleure bon le terroir sans en faire trop. Comme quoi, il suffit parfois de peu pour être heureux…

***


"Renarde, c'est l'âme de cette forêt, son essence, et j'ai l'immense privilège qu'elle m'offre d'y pénétrer. Renarde fait plus que me tolérer. Je sais qu'elle se satisfait de me voir, et j'ose croire que ce n'est pas uniquement dû à la viande que je lui offre. Je lui adresse mes pensées, je lui explique mentalement qui je suis, ce que je fais là, pourquoi la vie m'a blessée et le réconfort que m'apporte la certitude que, petit à petit', je m'intègre dans l'harmonie de cette forêt et de ces habitants."

"La saison s'avance. L'automne est arrivé, et la forêt a encore changé de couleur, nous offrant le plus resplendissant de sa palette, qu'elle garde en réserve pour cette occasion unique. Ce ne sont qu'explorations de pourpre, de marron, de vert sombre, d'or, et chaque jour, à la lumière du soleil changeant, ces couleurs muent, s'enrichissent, se font sensuelles, étourdissantes."

"Des noms jaillissent de-ci de-là, qui prouvent que ces paysans n'étaient pas incultes. Lamartine, Pierre Loti, Dumas... Jules Verne. Et ça se rapproche. Appolinaire, Mallarmé, Proust, Péguy... Céline... Je me plonge dans cette littérature disparate, mes lunettes se frayant leur chemin à travers les taches jaunes d'humidité,, les antiques crottes de mouche et les ciselures des dents de souris. Je me prends à aimer ces heures où je m'abstrais du monde, devant mon feu de bois, dans mon fauteuil, emmitouflée dans un grand châle de laine."

"J'en apprends sur les cousinages officiels ou de la jambe gauche entre les familles X et Y, les brouilles entre les Z et les A, les enfants adultérins des V... J'ai même su qu'une des sœurs Joucelier "d'vot'maison, eh ben, c'était une sacrée qu'y fallait pas y en promettre, celle-là, y z qu'le train qui y était pas passé d'sus, allez, on peut ben l'dire, ça fait trente ans qu'elle est morte !" et Thérèse m'a confirmé que c'était la pure vérité, "mais c'est comme ça dans tout'les familles, faut qu'y ait au moins une putain ou une bonne sœur !"..."



Éditions de l'Ecir
ISBN 978 2 286 03245 6
188 pages
2007



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