mardi 14 novembre 2017

Courir au clair de lune avec un chien volé - Callan Wink



"Dans le jardin, des lucioles voletaient ici et là. Il y avait longtemps qu’il n’en avait pas vu. Dans le Montana, on n’en trouvait apparemment pas. Peut-être y faisait-il trop froid. Des années auparavant, il avait campé dans le parc de Yellowstone à côté d’un vieux couple de hippies qui lui avait raconté qu’un soir, dans l’Iowa, après avoir pris du LSD, ils étaient sortis attrapés tout un bocal de lucioles dont ils s’étaient frottés le corps puis, nus et luminescents, ils avaient fait l’amour au clair de lune dans un champ de maïs. Le souvenir du bonheur évident avec lequel ils avaient raconté cette histoire lui donna le frisson. Il voyait en eux tous les couples du monde pour qui le passé renfermait davantage de promesses que n’importe quel avenir potentiel. Les rapports fondés essentiellement sur les  réminiscences vont et viennent. Était-ce qui renvoyait à l’idée de se caser et de vivre un amour tranquille ? Ou bien les vieux hippies et leurs pareils n’étaient-ils que des machines qu’on remonte, fonctionnant exclusivement sur les souvenirs ? Était-ce inévitable ?"

Courir au clair de lune avec un chien volé… 

Comme une promesse de bonheur, le titre à lui seul donne envie de découvrir ce livre. Vient ensuite la couverture, superbe, de ce recueil issu de la collection « Terre d’Amérique » des Éditions Albin Michel.

L’auteur, Callan Wink, nouveau venu dans la littérature américaine, n’a pas fini de faire parler de lui. Des nouvelles saluées par feu le grand Jim Harrison, ce qui ne surprendra personne tant la filiation semble évidente. On pensera aussi à d’autres de ces auteurs dits du Montana tels que Thomas McGuane, Rick Bass ou encore un auteur tel que Mark Spragg.

Le format de la nouvelle se prête à merveille à ces histoires d’hommes et de femmes plutôt terriens, plutôt taiseux. Des gens ordinaires, des vies ordinaires mais servis par une écriture qui transcende ces existences dont la rudesse n’a d’égale que celle de cette terre, comme un point d’ancrage pour bien garder les pieds sur terre justement.

Drames, conflits, rancœurs, remords, histoires d’amour bancales, histoires de filiation et de transmission, échappées aussi belles que sauvages, remises en question, introspection et puis bien sûr l’Ouest, sauvage, âpre, personnage à part entière de ces nouvelles…

Envie d’une virée mémorable entre Wyoming et Montana ? Faites confiance à votre nouveau guide, avec Callan Wink, plaisir de lecture et dépaysement garantis ! 

***

"Les cartons. Déménager, mourir, se séparer. Tous les drames de l'existence sont marqués par ces maudites boites cubiques et leur horrible couleur marron."

"Parfois, au réveil, assommés de chaleur, ils devaient se détacher l'un de l'autre, leurs membres emmêlés et collés ensemble comme les quartiers charnus de quelque fruit bizarre."

"Les pères sont les juges les plus intransigeants. C'est comme ça depuis toujours." 

Merci à Babelio et aux Éditions Albin Michel !




ISBN 978 2 226 32581 5
291 pages
2017
22€

samedi 21 octobre 2017

Les Quatre de Baker Street - Tome 1 - L'affaire du rideau bleu - Djian & Legrand & Etien - Les blablas du weekend chez manU & Nad (5)



Qu’est-ce que j’ai aimé m’immiscer dans l’univers des Quatre de Baker Street! C’est une superbe plongée londonienne au cœur de l’époque victorienne, là où il fallait se la jouer dur pour gagner sa croûte et rester en vie. Je me suis tellement attachée à nos jeunes espions en herbe - Billy, Charlie et Black Tom, l’irlandais - les protégés de Holmes ou les Irréguliers de Baker Street, comme on dit dans le jargon Holmesien. Ce que j’ai surtout aimé c’est le fait que nos héros soient des enfants des rues! Il fallait de l’audace de la part des auteurs pour les faire évoluer dans un monde de grands, car nos francs-tireurs courent les recoins louches de l’East End, un quartier malfamé de Londres où se côtoient tavernes, ivrognes, mendiants, voleurs, trafiquants, prostituées et j’en passe. D’ailleurs, la petite Betty, 13 ans, se fait enlever par un proxénète et emmener de force dans un bordel. Nos jeunes futés sont bien décidés à la retrouver!

C’est vrai qu’on s’attache très vite aux héros de cette histoire, la proximité avec Sherlock Holmes aide beaucoup mais c’est aussi en grande partie grâce au dessin très réussi et aux cadrages très cinématographiques. C’est nerveux, rythmé, la reconstitution de l’époque vraiment convaincante et le travail sur les couleurs superbe.

Le scénario n’est pas en reste. On accroche tout de suite et on ne lâche plus la bande avant de connaitre le fin mot de l’histoire. Et tu as raison, qu’ils soient des enfants des rues nous les rend d’emblée sympathique, on tremble pour eux, on a envie qu’ils s’en sortent tant les pièges et les chausses trappes sont légions.

Et puis la bande est confrontée à une sacrée galerie de personnages. Certains t’ont-ils particulièrement marqué ?

Ah ça oui! (merci de m’ouvrir la porte mon kinG ^^) Il y a tout un délicieux langage propre à l’univers Holmesien, notamment en ce qui a trait aux personnages. Les « Clappendoggen » ou « mendiants qui font semblant d’être infirmes », les « Hommes d’Abraham » également, ces « mendiants qui font semblant d’être timbrés ». Excellent clin d’œil aussi à « Bedlam », un hôpital psychiatrique du borough londonien de Bromley fondé en 1400. Il devait s’en passer de belles là-dedans! D’autant plus qu’à l’époque on internait quiconque avait un œil de travers. On dit même qu’il a été le théâtre de plusieurs pratiques cruelles et inhumaines. On imagine bien la scène, des médecins en robes blanches aux pratiques sadiques et sanguinaires. Ça devait quand même être quelque chose… Sinon c’est vrai que les dessins sont magnifiques, sans oublier la jolie préface de Régis Loisel du Magasin Général. Quand on y pense, Sherlock avait du cran de payer des gamins pour leur faire accomplir des filatures et recueillir des informations pour son compte ! En gros, c’est une super BD, d’ailleurs merci mon crapaud de me l’avoir fait découvrir. 

 (Pfffff…. et tu crois qu’on arrivera à poster ce blabla un vrai jour de « weekend » ? Parce qu’après tout ce sont les blablas du weekend mdrrrrrrr on est trop forts ! ^^ ) 



Effectivement, ce serait plus logique…^^ Bon sinon, content que ça te plaise !

J’en termine en précisant que j’ai la chance d’avoir chiné mon exemplaire dans un dépôt-vente. Il est contenu dans un superbe coffret qui comprend aussi un album rigide intitulé Le Monde des Quatre de Baker Street et un album souple intitulé Un jeu de rôle d’aventures et d’enquêtes. Si je ne me suis pas vraiment penché sur le jeu de rôle, je me suis régalé du premier qui est d’une incroyable richesse. Présentation du Londres de l’époque et de L’East End en particulier, de Sherlock Holmes et de ses principales affaires, de la bande des 4, de Watson, Moriarty, Mycroft Holmes, de l’ombre inquiétante de Jack l’éventreur et bien d’autres sujets encore liés à leur univers dont ces mendiants qui t’ont marqué. On découvre également une BD d’une dizaine de planches qui nous est présentée comme la première enquête de nos héros. Bref, un vrai régal que je te recommande !


 Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad !

 
ISBN 978 2 7493 0437 3
56 pages
2009
13,90€

mercredi 18 octobre 2017

DVD - Fleur de tonnerre - Stéphanie Pillonca (2017)



Une petite fille l’air perdu sur la lande bretonne, comme une fleur singulière au milieu des bruyères. Cette petite fille, c’est Fleur de tonnerre... 

« Moi, c’est Hélène, pas Fleur de tonnerre ! » 

Élevée dans une ferme sur les côtes bretonnes, terres de légendes et de croyances où elle apprend les herbes et les plantes, Hélène est fascinée par l’Ankou, représentation de la mort dans la mythologie de ces contrées.

Hélène devient cuisinière, tant elle fait des miracles avec ce talent qu’elle considère elle-même comme un don. Mais elle ne fait pas seulement des miracles, elle sème aussi la mort sur son passage. Sa mère, sa marraine, une épouse gênante, un vieillard inoffensif et beaucoup d’autres vont être victimes de sa cuisine assaisonnée à…l’arsenic !

Folie ? Possession ? Sorcellerie ? Simple volonté de faire le mal ? Allez savoir… 

« On dirait un p’tit ange du ciel », ou presque ! 



Fleur de tonnerre est le premier film de Stéphanie Pillonca adapté du roman de Jean Teulé inspiré par le sombre destin d’Hélène Jégado, détentrice d’un triste record celui d’être considérée comme la plus grande tueuse en série que la France ait porté. Hélène Jégado, l’empoisonneuse...

N’ayant pas lu le roman, je ne saurai vous dire si son adaptation est fidèle ou non. Quoiqu’il en soit le résultat est vraiment réussi alternant habilement douceur apparente et horreur des situations.

Ajoutez à cela des paysages bretons ayant juste ce qu’il faut d’inquiétants, des décors et des costumes soignés et un joli casting, Déborah François en tête. Les seconds rôles ne sont pas en reste, Catherine Mouchet toujours inquiétante, Christophe Miossec simplement juste ou encore Jean-Claude Drouot impeccable. Par contre Benjamin Biolay, cherchez l’erreur ! Il a l’air de s’ennuyer et de se demander autant que nous ce qu’il est venu faire ici…

Ne loupez pas dans les bonus la première réalisation de Stéphanie Pillonca, un court-métrage intitulé Bocuse, avec une Anémone dans un rôle de mégère acariâtre qui lui va comme une seconde peau… Quant au final, je vous le promets aussi surprenant que…délicieux !


DVD sorti le 12 juin 2017 chez Blaq out : 



 Merci à Cinetrafic et Blaq out !

Stéphanie Pillonca
2017
Avec Déborah François, Benjamin Biolay, Jonathan Zaccaï...

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